Le Rep’Air est un service spécialisé dans l’accompagnement global et/ou spécifique des mineur.es et jeunes majeur.es en situation ou en risque de prostitution, âgés.es de 12 à 21 ans, sous forme d’accueil de jour et de libre adhésion.

 

Ce service a été pensé comme un lieu d’écoute, d’échange, de partage et d’accompagnement. Le public peut s’y rendre librement et y rencontrer les trois travailleuses sociales présentes.

 

L’omniprésence de la prostitution et pratiques connexes sur les réseaux sociaux et le numérique a guidé l’association à être davantage présente sur les nouvelles plateformes.

Une intervenante sociale est donc chargée de mener des maraudes dématérialisées mais aussi de poster du contenu sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser le grand public.

De plus, cette présence en ligne permet d’élargir les missions d’aller-vers en étant plus accessible pour le public visé.

Deux éducatrices sont chargées de l’accompagnement social, éducatif et du repérage des problématiques santé pour une orientation du public. Chaque accompagnement est personnalisé selon les demandes et besoins exprimés par la personne ou repérés. 

 

Le public peut être rencontré et accompagné tant au Rep’Air, que sur le lieu de vie ou à l’extérieur. Cette souplesse fait partie intégrante du projet de service visant à créer et maintenir le lien du fait de la libre adhésion. L’accompagnement peut prendre plusieurs formes : entretiens et temps individuels, temps collectifs, montage d’ateliers collectifs réguliers avec les jeunes, accompagnement extérieur santé, juridique et d’insertion, etc.

 

Pour répondre à ces objectifs, le Rep’Air a été conçu comme un lieu accueillant et chaleureux proposant différents espaces ; espace de repos, d’hygiène, cuisine collective, salle commune, et espace de travail individuel avec un ordinateur.

 

De plus, du matériel de réduction des risques et des produits d’hygiène sont à disposition au sein du local comme des préservatifs et des « roule ta paille ». Pour permettre une animation et une vie collective agréable au sein du Rep’Air des jeux de sociétés, du matériel artistique et une bibliothèque sont en libre accès pour tous.tes.

 

D’autre part, l’équipe met en place de l’étayage auprès des professionnel.les et un soutien aux équipes par une disponibilité souple (téléphone, mail, rencontres). Le Rep’Air propose notamment un partage d’outils et son expertise afin de permettre le repérage de situations prostitutionnelles ou de risques.

 

L’accompagnement du public se fait également sous le principe du co-accompagnement. En effet, l’équipe du Rep’Air reste en lien constant avec l’ensemble des professionnels ayant orienté le.la jeune, dans le but de maintenir un maillage rassurant et permanent autour de la personne accompagnée.

 

Accueilli dans sa singularité et sa complexité, le public du Rep’Air tient la place centrale au sein du service. En effet, c’est suite à deux diagnostics menés par l’Amicale du Nid et le Conseil Départemental, que la problématique de la prostitution des mineur.es s’est avérée grandissante, alarmante et prioritaire.

 

Enfin, le « Rep’Air » est présent sur les réseaux sociaux suivants :

  • TikTok : repair_adn31
  • Snapchat : repair_adn31
  • BeReal : repair_adn31
  • Facebook : Repa Ir

 

 

Communiqué d’associations de terrain accompagnant des milliers de personnes en situation de prostitution de tous pays, survivantes de la prostitution, associations de lutte contre les violences masculines françaises et européennes.

 

À la suite d’une requête déposée en 2019, la Cour Européenne des Droits Humains (CEDH) était amenée à se prononcer sur la pénalisation de l’achat d’actes prostitutionnels, accusée de « mettre en péril l’intégrité physique et psychique et la santé des personnes [pratiquant] la prostitution » et de menacer « le droit au respect de la vie privée des personnes prostituées et de leurs client ».

Dans cette décision rendue le 25 juillet, la CEDH a rejeté à l’unanimité l’ensemble de ces griefs.

 

Nous, associations de terrain accompagnant des milliers de personnes en situation de prostitution de tous pays, survivantes de la prostitution, associations de lutte contre les violences masculines, saluons cette décision de la CEDH. Il faut noter que cette décision a été prise à l’unanimité et sans ambiguïté. La Cour met en avant le caractère soutenu et démocratique du processus législatif de la loi de 2016 et reconnaît que la pénalisation des “clients” est indissociable du dispositif global de la loi. Elle reconnaît également que nul n’a aujourd’hui la capacité d’établir que la loi aurait eu un effet péjoratif sur les personnes prostituées et indique que la loi a pris en compte de manière extrêmement poussée la situation sociale et sanitaire des personnes.

 

Nous affirmons que le modèle abolitionniste est le système qui garantit la meilleure protection pour l’ensemble des personnes prostituées et qui permet l’accès à leurs droits élémentaires, en premier lieu la santé. Ainsi, la loi de 2016 forme un tout cohérent en agissant en soutien des personnes prostituées (parcours de sortie, mesures de protection), en sensibilisation du jeune public et en s’attaquant au proxénétisme et à la « demande ». Seule la reconnaissance de la prostitution en tant que violence permet un accompagnement efficace des personnes en situation de prostitution. Ce qui empêche les personnes prostituées d’accéder à leurs droits, ce n’est pas la loi : c’est son manque d’application.

 

Pour améliorer l’accès aux droits et à la santé pour les personnes prostituées, il faut renforcer l’application de la loi sur tout le territoire français.

Nous avons l’espoir que la décision de la CEDH donne un nouveau souffle à l’application de la loi en France ainsi qu’aux réformes législatives impulsées dans d’autres pays européens (Espagne, Allemagne, etc.)

Nous continuons de réclamer la mise en place des mesures suivantes :

  • Offrir à toutes et tous une alternative à la prostitution : Permettre à toutes les personnes prostituées qui le souhaitent de sortir de la prostitution (multiplier les parcours de sortie et les améliorer par l’augmentation de l’allocation financière et la durée du titre de séjour pendant le parcours, la délivrance d’un titre à l’issue, et le financement de l’accompagnement) ;
  • Initier de grandes campagnes nationales pour un changement de regard de la société, en priorité en direction des « clients » prostitueurs ;
  • Mettre fin à l’impunité pour les prostitueurs, « clients » et proxénètes, notamment en ligne ;
  • Généraliser la prévention pour assurer un avenir sans marchandisation pour les jeunes via le déploiement d’une véritable éducation à la sexualité ainsi que la prévention et prise en charge des mineur.es victimes de violences sexuelles ;
  • Consentir l’effort financier à la hauteur de l’enjeu, estimé à 2,4 milliards d’euros sur 10 ans pour la France.