Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations sexuelles féminines

L’Amicale du Nid recevait le 23 janvier en « grand rendez-vous » Isabelle GILLETTE-FAYE, directrice générale depuis 1990 de la Fédération nationale GAMS – Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles Féminines (MSF), des Mariages forcés et autres pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants, fondée en 1982, sur le thème des MSF.

 

Ce 6 février à 12h, à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations sexuelles féminines, la Fédération nationale GAMS organise un moment fort et symbolique auquel se joint l’Amicale du Nid – si vous le souhaitez, le pouvez : une minute de silence mondiale à 12h (heure locale).

 

Cette minute de silence, portée par le slogan « Le silence parle, l’excision tue ».

 

Les MSF sont une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes. Elles sont une atteinte à leur intégrité physique. Il s’agit de pratiques traditionnelles néfastes.

 

Il s’agit de toute intervention pratiquée sur les organes sexuels externes féminins, sans raison médicale dont, notamment :

  • L’excision : c’est l’ablation totale ou partielle du gland du clitoris (petite partie sensible et érectile des organes sexuels féminins) et, plus rarement, seulement du prépuce (repli de peau qui entoure le gland du clitoris).
  • L’infibulation : c’est l’ablation totale ou partielle du gland du clitoris, des petites lèvres et des grandes lèvres. Les deux côtés de la vulve sont alors cousus bord à bord ou accolés de telle façon qu’il ne subsiste qu’une minuscule ouverture pour l’écoulement des urines et des règles. La vulve laisse place à une cicatrice très dure, qu’il faudra inciser au moment d’un rapport sexuel et/ou de l’accouchement)

 

Les MSF entraînent de graves conséquences physiques, psychologiques :

Conséquences immédiates :

  • Un saignement qui peut être hémorragique et entraîner la mort ; des fillettes sont décédées à la suite d’une excision.
  • Une douleur intense, accompagnée de peur, d’angoisse et souvent d’un psychotraumatisme.
  • Des brûlures à l’émission des urines.

Conséquences à tout moment de la vie de la fillette, de la fille ou de la femmes mutilée :

  • Des infections vulvaires, urinaires, gynécologiques, qui peuvent évoluer en septicémies et provoquer la mort ou entraîner une stérilité.
  • Des accouchements difficiles : une femme mutilées est menacée bien plus souvent par une autre déchirure du périnée. Elle et son enfant à naître sont en danger de mort.
  • Des rapports sexuels très douloureux et/ou une absence de plaisir.
  • De graves répercussions psychotraumatiques : angoisse, anxiété, dépression pouvant conduire au suicide

 

Il existe des parcours de soins dédiés pour les femmes mutilées (avec ou sans chirurgie « réparatrice » – prise en charge par l’assurance maladie).

 

Les mutilations sexuelles féminines sont interdites et punies par la loi française. La loi protège tous les enfants qui vivent en France, quelle que soit leur nationalité. La loi française s’applique pour les mutilations commises en France, comme à l’étranger. L’auteur d’une mutilation commise à l’étranger, qu’il soit français ou étranger, peut être poursuivi en France, si la victime est de nationalité française ou bien si elle est étrangère et réside habituellement en France (article 222-16-2 du Code pénal).

 

Il est estimé d’après une étude de 2019 qu’environ 125 000 femmes adultes mutilées sexuellement vivent en France. 11 % des filles de ces femmes mutilées le sont également. Entre 12 et 20 % des filles âgées de 0 à 18 ans, vivant en France et originaires de pays où les mutilations génitales féminines sont pratiquées, seraient menacées du fait des convictions de leurs parents ou par la pression de la famille restée dans le pays d’origine.

 

Plusieurs ressources, notamment du GAMS, pour PRÉVENIR, PROTÉGER, REPÉRER, AGIR :