La loi du 13 avril 2016, qui fête cette année ses 10 ans, change totalement le regard social et juridique sur la prostitution avec une dépénalisation des victimes du système prostitutionnel et la pénalisation des acheteurs (d’une contravention de 5ème classe – 1 500€ pour une première infraction et 3 750€ en récidive – jusqu’à la qualification de viol pour achat d’acte sexuel auprès d’une mineur.e de 15 ans).
Qui sont ces acheteurs d’actes sexuels qui, pour répondre à des besoins qu’ils qualifient d’ « irrépressibles », estiment justifié d’acheter un autre être humains, sans aucune considération d’altérité et donc en piétinant l’intégrité et la dignité de l’autre ?
Il s’agit à 99% d’hommes et les victimes sont à 94% des femmes : le système prostitutionnel est donc très genré. Il est le produit de la domination masculine, renforcé par des oppressions économiques et racistes.
L’impunité de ces acheteurs est renforcée par un manque de volonté de politique pénale : moins de 10 000 acheteurs verbalisés depuis la loi, moins de 1200 en 2024.
Le sujet de la prostitution, et en particulier celui des « clients » prostitueurs, est une question centrale dans le débat public, mêlant enjeux de sexe, de violence, d’argent et de pouvoir.
Ce livre montre que les prostitueurs comme les agresseurs de Gisèle Pélicot s’inscrivent dans des mécanismes communs : la déshumanisation, l’exploitation, le déni du consentement, et un sentiment d’impunité nourri par des normes patriarcales.
La prostitution et les violences sexuelles ne sont pas des phénomènes séparés, mais participent des expressions différentes d’une même logique de domination masculine.
Une soirée de lancement du livre aura lieu le 5 février prochain à 18:30 à l’espace Mondétour à Paris, en présence de Rosen Hicher et Laurence Rossignol, pour vous y inscrire, cliquez ici.

Le livre sera disponible le 6 février prochain :