Portrait de professionnelle : Lola, coordinatrice à l’Amicale du nid de rennes

Quel est ton parcours professionnel ?

 

Mon parcours professionnel est assez court, je n’ai pas eu énormément d’expériences avant l’Amicale du Nid.

J’ai passé mon diplôme en 2019, je l’ai raté et j’ai donc fait un service civique dans un CHRS, principalement à destination des jeunes, c’était tout public mais nous accueillions essentiellement des jeunes de moins de 25 ans, je m’occupais de redynamiser le collectif,

J’ai également travaillé dans des accompagnements d’accès aux soins via des accompagnements de proximité, j’ai également toujours voulu travailler pour des associations de lutte contre les violences et pour l’égalité femmes-hommes.

Mon sujet de mémoire portait sur « Les hommes victimes de violences conjugales » et estimant avoir grandi dans un milieu « protégé », je ne comprenais pas d’où venait cette inégalité entre les femmes et les hommes, j’étais un peu naïve.

 

Pourquoi l’Amicale du Nid ?

 

En postulant à l’Amicale du Nid, cela m’intéressait de passer à la « pratique » sur le terrain, pour appliquer ce que j’avais appris.

Lors de mon entretien, un lien de confiance est né, et cela était notamment dû à la manière de concevoir le poste, qui était une création. J’ai été considérée en tant que professionnelle et l’on a tenu à ne pas me ranger dans une « case », ce que j’ai beaucoup apprécié parce qu’on m’a donné ma chance, en partant de mon profil et de mes compétences.

Tout était à faire, en tant que jeune professionnelle, on arrive avec des grands principes, mais l’on se rend compte que sur le terrain, c’est bien différent, surtout lorsque l’on est que deux.

 

Tu arrives donc peu de temps après la création de l’antenne bretonne, comment faire face à ce grand chantier ? 

 

Romain (chef de service de l’Amicale du Nid en Bretagne) arrive en octobre 2020, moi en mars 2021, quelques rencontres avaient déjà été faites, notamment avec les financeurs, de même que l’acquisition du local de l’antenne ainsi que d’autres éléments administratifs.

C’était intense au début puisque nous pouvions nous déplacer dans toute la Bretagne en une semaine : le lundi à Brest, à Quimper le mardi, la permanence dans les côtes d’Armor et le Morbihan le mercredi, puis Rennes le jeudi également.

Nous faisions quatre heures de trajet aller-retour par jour, c’était fatiguant mais extrêmement intéressant puisque ça nous permettait d’observer les différentes spécificités territoriales.

 

A quel moment ce rythme s’est-il stabilisé et comment ton poste a évolué ? 

 

Lors de la création de l’antenne rennaise fin 2022, puisque nous n’utilisons pas la voiture pour nous déplacer. S’adapter aux horaires de train est est plus chronophage et limite certains déplacements.

Puis, courant 2023, ont été créés deux postes, dont un dédié à l’accompagnement des mineur.es.

Après avoir été embauchée d’abord comme assistante sociale, c’est donc à ce moment-là, au bout de deux ans d’intervention, que je suis devenue coordinatrice afin de développer l’antenne bretonne.

J’adore ce poste, parce que c’est pour moi l’occasion de faciliter le travail et la vie de mon équipe.

Quand ils ont un problème, qu’il soit dans le cadre d’une demande de partenariat, ou en demande pour un outil d’optimisation des tâches par exemple, je peux les aider.

Ensuite, fin 2023, je suis encore dans un entre-deux, je ne fais plus d’accompagnement social, mais je relaie l’équipe pour des déplacements ou des entretiens, mais sinon je ne suis que très peu « sur le terrain » hormis les maraudes numériques, que je poursuis toujours aujourd’hui.

 

Quelle est la place des maraudes numériques à l’Amicale du Nid en Bretagne ? 

 

Les maraudes numériques sont devenues notre « spécialité » parce qu’au moment où nous les avons démarrées, c’était notre seul moyen de rencontrer le public.

Si l’on n’en fait pas, on peut quand même voir du monde, mais on perdrait une bonne partie du public, notamment sud-américain et français.

Il s’agit des personnes qui ne sont pas dans une énorme précarité en rue, qui ne sollicitent pas le 115 ou en sex-tour etc…

Mais comme nous sommes de plus en plus repérés à Rennes par les services sociaux et médico-sociaux, nous avons moins le temps de faire de l’aller-vers numérique.

Nous continuerons toujours, car notre mission principale est de rompre l’isolement, et qui dit personnes isolées, dit personnes invisibilisées, ce qu’il faut éviter un maximum.

 

Comment envisages-tu l’avenir ?

 

Il va se passer plein de trucs en Bretagne ! Développer de nouveaux partenariats, et s’investir toujours plus dans des missions passionnantes.

Notamment avec la création du poste de formatrice, cela va être ultra challengeant !

Un objectif aussi serait d’avoir une antenne dans les Côtes d’Armor et dans le Morbihan sur le très long terme, mais il faudrait d’abord se stabiliser sur les antennes actuelles qui sont déjà créées.