Publication du Rapport 2026 du HCE sur l’état des lieux du sexisme en France:la menace masculiniste

Le Haut Conseil à l’Egalité a publié son rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France, consacré à la menace masculiniste.

 

Le rapport 2026 sur l’état des lieux du sexisme en France attire l’attention sur une tendance alarmante : « certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives. »

 

Le rapport souligne également « le continuum des violences et la culture du viol persistante dans la société ».

 

Il est également rappelé que : « les violences sexistes et sexuelles ne se limitent pas à des actes isolés : elles s’inscrivent dans un continuum, où les comportements en apparence “anodins”, blagues graveleuses, remarques dévalorisantes, harcèlement de rue, créent un climat propice à des violences plus graves, comme les agressions ou les viols. Pourtant, malgré une condamnation sociale massive de ces pratiques, les chiffres révèlent un fossé entre les discours et les faits.

 

En effet, les données présentes dans ce rapport sont les suivantes : « 84 % des femmes ont déjà vécu au moins une situation sexiste. Parmi elles, 62 % ont subi du harcèlement dans l’espace public, 54 % des blagues ou commentaires sexistes, et 45 % des sifflements ou interpellations à caractère sexuel. »

 

Plus inquiétant encore, 21 % déclarent avoir été victimes d’un viol, et 20 % d’une pression insistante pour un rapport sexuel non désiré.

 

Chez les hommes, ce décalage entre les déclarations et les faits est frappant. Si seulement 7 % estiment acceptable d’insister pour obtenir un rapport sexuel, 26 % avouent avoir déjà douté du consentement de leur partenaire.

 

De même, bien que 82 % désapprouvent les images pornographiques pour leur caractère souvent dégradant, 63 % en consomment, 6 % paient pour des contenus sur des plateformes comme OnlyFans, et 14 % ont déjà eu recours à la prostitution.

 

Pour conclure ce rapport :

 

Il est évident que la porosité préoccupante entre sexisme hostile et radicalisation masculiniste, deux dynamiques étroitement imbriquées qui se nourrissent mutuellement pour diffuser une vision régressive des rapports de genre (traditionaliste, inégalitaire, de domination).

 

Loin de se limiter à des expressions marginales ou à des opinions controversées, ces courants s’inscrivent désormais dans des réseaux structurés, parfois financés, et représentent une menace réelle pour la cohésion sociale, la sécurité publique et les principes démocratiques. Les plateformes numériques jouent à cet égard un rôle déterminant dans la diffusion et la banalisation de discours haineux, souvent en décalage avec les objectifs affichés des avancées législatives obtenues.

 

Face à ces constats, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes appelle à une réponse publique globale, coordonnée et durable.

 

La lutte contre le sexisme et le masculinisme ne peut se limiter à des mesures fragmentées ou symboliques ; elle nécessite une mobilisation collective articulant la large diffusion d’une culture de l’égalité, la régulation des espaces numériques et, plus largement, l’intégration de ces enjeux dans les politiques de prévention et de sécurité publique.

 

La radicalisation de certains courants masculinistes constitue en effet un risque croissant pour la cohésion sociale et la sécurité nationale, appelant une vigilance accrue des pouvoirs publics, des médias et de l’ensemble de la société civile afin de déconstruire les stéréotypes, promouvoir une culture de l’égalité et protéger les victimes de violences.