Le but de ce séjour était de permettre au public d’apprendre les bases de la navigation, de la vie en collectivité, et de participer à des activités et visites du monde maritime.
Les participantes ont pu tenir un carnet de bord afin de créer un podcast (Interviews, micro-trottoir, papiers radio) sur le déroulé du projet.
L’idée était de partir de l’histoire individuelle vécue ou rêvée, vers un récit collectif et de faire émerger sa puissance et son énergie.
Paroles d’éducatrices :
« On sait à quel point la rencontre de personnes qui ont vécu des parcours similaires ou ont en commun d’être marquées par le souvenir des violences vécues peut permettre de rompre l’isolement et aider à combattre la culpabilité avec laquelle elles sont nombreuses à composer. Nous souhaitons que cette proximité et cette » aventure » puisse permettre à chacune de trouver une place dans le groupe, de contribuer à sa vie en mer, d’être soutenue et soutenant, valorisée par les regards de ses paires. »
« les femmes que nous accompagnons ont employé dans leur survie de multiples ressources. Elles ont survécu à l’horreur de parcours migratoires semés d’obstacles traumatisants où la peur de mourir est omniprésente (séjour en Lybie, traversée du désert et de la Méditerranée). Les conséquences des violences vécues, y compris dans leurs parcours de victimes d’exploitation sexuelle, sont encore à l’œuvre et il est parfois difficile de leur permettre de toucher du doigt qu’elles ont des droits, de la valeur en tant qu’individus et surtout de nombreuses compétences. Nous aimerions que la découverte de la navigation puisse les informer sur ce qu’elles semblent parfois trop ignorer chez elles : leur force, leur résilience, leur persévérance »
« Cette mer qui les sépare de leur continent, son franchissement comme l’étape ultime de leur voyage et la peur qu’elles portent encore en elle, le souvenir de ceux qui y ont perdu
la vie. Il arrive régulièrement que des femmes nous demandent de leur apprendre à nager, comme s’il fallait se préparer à de nouvelles épreuves ou peut-être seulement dans une tentative de reprendre un peu de pouvoir et de contrôle. Monter sur un bateau, y vivre avec d’autres femmes et des professionnels garant de leur sécurité, leur permettrait une revanche et de pouvoir affirmer : » aujourd’hui je décide de ce périple et je peux être aux commandes ».
Paroles de personnes accompagnées :
« When I first saw the boat, I remember when I was in Lybia. I never thought I could go back on a boat. But then I realized it was safe, and I hope I can experience it again. » – « La première fois que j’ai vu le bateau, ça m’a rappelé quand j’étais en Lybie. Je n’aurais jamais pensé pouvoir remonter sur un bateau un jour. Mais ensuite, j’ai réalisé que c’était sécure, et j’espère pouvoir retenter l’expérience. »
« Je suis contente d’avoir pu tenter l’expérience même si c’était pas tous les jours facile. On ne se connaissait pas avec les autres filles, et il a fallu faire avec les envies et appréhensions de chacune pour qu’on soit toutes à l’aise. J’aurais bien aimé continuer ce voyage. J’espère que je pourrai revenir un jour. »
« On a fait différentes activités, j’ai pu découvrir la photographie. Je n’avais jamais pris de photos avec une vraie caméra avant, c’était un peu compliqué au début, mais avec les explications du photographe qui proposait des ateliers, c’est devenu plus facile. »
« J’ai découvert deux nouvelles passions pendant ce séjour : la photo et la radio. J’ai vraiment aimé donner la parole aux gens quand on a fait des micro-trottoirs. On voit que les gens sont heureux quand on leur tend le micro. »