10 ans de la loi – les données actualisées du système prostitutionnel en France

Le système prostitutionnel n’est pas une juxtaposition de trajectoires individuelles, encore moins « le plus vieux métier du monde », mais le plus vieux système de domination et d’exploitation masculine, économique et raciste. Le 13 avril 2016, la France adoptait la loi visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées, faisant ainsi un choix, politique, éthique, social et féministe fort. 10 ans après l’adoption de la loi de Maud OLIVIER et Catherine COUTELLE » , à l’heure des offensives pro-prostitution sur les plateformes en ligne ou de l’idéologie masculiniste, l’application de cette loi est plus que jamais nécessaire. L’existence même de la prostitution dépasse celles qui en sont directement victimes : elle produit un effet systémique sur l’ensemble des femmes, légitimant une culture de la domination et de l’accès sans limite à leurs corps. Cette loi nécessaire et cohérente, reconnue par la Cour européenne des droits humains, mérite un renforcement de sa mise en œuvre.

 

Des chiffres pour nous le rappeler 


  • 40 000 adultes en situation de prostitution
  • 20 000 enfants sexuellement exploités par des pédocriminels
  • 94% de femmes et de filles
  • 14% des hommes déclarent avoir eu recours à la prostitution (HCE. Rapport sur le sexisme 2026)

 

PSP


  • 2 547 entre 2017 et 2025 mais 30% de département sans parcours
  • 921 en cours

 

Acheteurs-prostitueurs verbalisés


  • 11 491 entre 2016 et 2025, soit à peine plus d’un millier par an
  • 1 446 en 2025

36 départements n’enregistrent aucune contravention quand Paris en concentre 58 %.

Alors qu’environ 440 000 « acheteurs » se rendent chaque jour sur des sites de petites annonces de prostitution.

 

Victimes


  • Victimes enregistrées par les forces de l’ordre / 2024 (proxénétisme, recours délictuel à la prostitution) : 1 584

    – 95 % sont des filles et femmes

  • Victimes mineures / 2025

   – 1300 élèves repérés par le service sociale de leur établissement scolaire (DGESCO)

   – 416 victimes mineures ,enregistrées par les forces de l’ordre dans le cadre d’affaires de proxénétisme

   – 96% sont des filles

   – 288 victimes mineures enregistrées par les forces de l’ordre dans le cadre du recours à la prostitution– 90% sont des filles

  • Victimes enregistrées par les forces de l’ordre 2021-2025 (SSMI)

   – 4677 victimes majeures (+ 8%)

   – dans les affaires de proxénétisme, de recours à l’achat d’acte sexuel :

   – 2038 victimes mineures de proxénétisme (+9%)

   – 945 victimes mineures de recours à la prostitution (+ 167%)

 

Condamnations


  • Condamnations/2024 : 1127

   – 69% comportent une aggravation (victimes mineures, bande organisées, pluralité des victimes…)

   – 76 (7%) pour proxénétisme

   – 269 (24%) pour recours à la prostitution

   – 755 (67%) pour proxénétisme aggravé

   – 27 (2%) pour recours à la prostitution aggravé

154 condamnations/2024 pour une infraction relative au système prostitutionnel (proxénétisme, recours à la prostitution et tenue d’un lieu de prostitution) concernaient une victime mineure.

   – 20 % des condamnés étaient en état de récidive.

  • Condamnations 2017-2024 (SSER)

En nombre :

   – proxénétisme : 72-76 condamnations

   – proxénétisme aggravé : 443 : 755

   – recours à la prostitution : 37-269

   – recours à la prostitution aggravé : 15-27

   – tenue d’un lieu de prostitution : 24-39