Un colloque à l’assemblée nationale dans le cadre des 10 ans de la loi abolitionniste

Lundi 13 avril 2026, CAP international (Coalition pour l’Abolition de la Prostitution), coalition de 37 organisations de terrain et de survivantes de la prostitution issues de 29 pays, a organisé un colloque à dimension internationale dans les locaux de l’Assemblée Nationale, à l’occasion de l’anniversaire des 10 ans de la d’abolition de la prostitution.

 

Une journée d’une grande richesse, dont l’enjeu était de rappeler la valeur éthique et pragmatique de cette loi, dans un contexte où les politiques réglementaristes sont en place chez plusieurs de nos voisins et portées par un nombre inquiétant de nos concitoyen.nes ; mais aussi de mettre en avant son efficience et malheureusement ses limites en raison des difficultés de sa mise en œuvre totale ; et bien sûr d’échanger et de s’enthousiasmer pour un avenir meilleur…

 

Matin et après-midi, se sont succédées des tables rondes aux thèmes complémentaires qui ont apporté des regards croisés de militant.es d’associations féministes, de survivantes, de personnalités politiques sur cette loi. Le passé et le présent ont été partagés, le futur envisagé….

 

Françoise Ritter, Geneviève Couraud, Françoise Brié étaient présentes au titre de L’Amicale du Nid et ont pris la parole sur le soutien à l’abolition du système prostitutionnel et sur la prostitution des mineur.es.

 

La journée a été introduite par les discours de conviction et de mobilisation d’Aurore Bergé (Ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations), de Yaël Braun-Pivet (Présidente de l’Assemblée Nationale) et Meghan Donevan (Présidente de CAP International.

 

Guy Geoffroy (ancien Député Les Républicains), Maud Olivier et Catherine Coutelle (anciennes Députées Socialistes et rapporteures de la loi), Laurence Cohen (ancienne sénatrice du Parti Communiste français), Najat Vallaud-Belkacem (ancienne Ministre des Droits des Femmes) et Laurence Rossignol (Sénatrice Socialiste et ancienne Ministre des Droits des Femmes) ont rappelé avec force anecdotes le difficile et long chemin de la conception de la loi et de son adoption.

 

Le collectif abolition a rappelé les étapes du plaidoyer et de la mobilisation pour l’adoption de la loi. Les associations françaises ont exposé leur mobilisation pour son application pleine et entière et présenté leurs actions en déclinaison de certains de ses leviers : parcours de sortie de la prostitution, nécessaires spécificités dans l’accompagnement des mineur.es victimes du système prostitutionnel, pénalisation des clients-acheteurs…

 

Des parlementaires ont partagé les stratégiques politiques qui sont ou pourraient être opérantes pour protéger cette loi et résister aux tentatives de l’abroger.

 

Sur chaque thème des Survivantes ont pris à parole pour témoigner de la violence de leur vécu passé et renforcer les analyses partagées : des moments chargés d’émotion mais aussi de joie partagée qui ont soulevé l’enthousiasme de la salle.

 

En continuité, des représentant.es d’Allemagne, de Colombie, de Suède, de Corée du sud, d’Espagne, du Portugal, du Mexique, des États-Unis, militant.es ou responsables politiques, ont pris la parole pour dire la réalité de la prostitution dans leur pays et expliquer leurs démarches et actions pour aller vers un modèle de loi de type suédois, pays précurseur, ou français.

 

En conclusion de la journée de nouvelles lignes de front ont été évoquées, mettant en avant le lien délétère entre pornographie et prostitution et la nécessité de le faire entendre.

 

Ce fut une journée exceptionnelle de partage et de motivation à la poursuite de nos justes ambitions.