Masculinisme:la nouvelle offensive contre les femmes:rapport de la Délégation aux Droits des Femmes du Sénat

« Mascus : la nouvelle offensive contre les femmes »

 

L’Amicale du Nid salue le travail remarquable de la Délégation aux droits des femmes et notamment de ses rapporteuses Béatrice GOSSELIN, Olivia RICHARD et Laurence ROSSIGNOL.

 

Les données du rapport 2026 du Haut Conseil à l’Egalite entre les femmes et les hommes sur le sexisme étaient éloquentes :

  • En France, 17% des personnes de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes, adhèrent au sexisme hostile (rejet des femmes et légitimation des violences et discrimination contre elles). 23% des hommes vs 12% des femmes.
  • Près d’un quart adhèrent au sexisme paternaliste (femmes perçues comme des êtres fragiles et inférieures nécessitant une protection constante). 27% des hommes et 18% des femmes.

 

Avec le constat d’un continuum : l’adhésion au sexisme hostile chez les hommes est corrélée à une consommation plus fréquente de pornographie, gratuite ou payante, ainsi qu’à un recours plus important à des rapports sexuels payés.

  • 63% des hommes déclarent consommer de la pornographie
  • 6% déclarent payer des contenus sur des plateformes comme OnlyFans
  • 14% déclarent avoir déjà eu recours à l’achat d’acte sexuel.

 

Après sept mois de travaux, une centaine de personnes auditionnées, des déplacements de terrain, une analyse des contenus masculinistes relayés en ligne, les rapporteures appellent aujourd’hui à un réveil des consciences : en s’attaquant au principe d’égalité entre les femmes et les hommes, en cherchant à disqualifier sans cesse la parole des femmes, en remettant en cause des droits acquis au prix de décennies de luttes, en affichant une misogynie violente et décomplexée, les mouvements masculinistes représentent un risque réel pour notre démocratie et notre cohésion sociale. Ils doivent être pris au sérieux et constituent aujourd’hui un enjeu majeur de politique publique, en matière d’égalité, d’éducation, de santé mentale, de lutte contre les violences ou de sécurité.

 

Le rapport de la délégation retrace la généalogie de ces mouvements et propose un état des lieux de leurs configurations actuelles, analyse leurs mécanismes de production et de diffusion, ainsi que les mécanismes d’adhésion à ces discours, qui témoignent d’une banalisation croissante de leurs codes et, dans certains cas, d’un risque de radicalisation pouvant mener à la violence, voire au terrorisme.

 

Les masculinismes d’aujourd’hui ne sont pas qu’une simple « tendance » sur les réseaux sociaux. Ils constituent un mouvement social et politique qui vise à anéantir les droits des femmes et, in fine, à démanteler notre socle démocratique.

 

Pour combattre le poison du masculinisme et protéger les enfants, la délégation formule 24 recommandations autour de quatre grands axes :

  1. faire de la lutte contre le masculinisme un enjeu majeur de politique publique,
  2. réguler et assainir l’espace numérique,
  3. repérer et prévenir les trajectoires de radicalisation,
  4. réveiller les consciences en mobilisant l’ensemble de la société.