Des violences sexuelles massives, précoces et répétées
63 % des 18-21 ans déclarent avoir subi au moins un acte de violence sexuelle, une proportion qui atteint 77 % chez les filles, contre 50 % chez les garçons. Près de 22 % des jeunes de cette tranche d’âge déclarent également avoir subi un viol.
Les jeunes confronté.es à des situations de vulnérabilité sont particulièrement exposé.es : 80 % des jeunes suivi.es par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et 87 % de celles et ceux suivi.es par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) déclarent avoir subi au moins un acte de violence sexuelle.
Les violences intrafamiliales se distinguent également par leur précocité : lorsque le premier acte de violence sexuelle est commis par un membre de la famille, les jeunes concerné.es déclarent un âge moyen de 9 ans au moment des faits.
L’exploitation sexuelle : des situations étroitement liées aux vulnérabilités
5,3 % des 18-21 ans déclarent avoir déjà reçu une contrepartie en échange d’un acte ou d’un contenu sexuel. Par ailleurs, 17 % pourraient envisager une telle situation et 24 % connaissent une personne concernée dans leur entourage.
Parmi les jeunes ayant déclaré une situation d’exploitation sexuelle :
- 55 % rapportent un premier fait survenu avant leurs 18 ans ;
- 71 % indiquent que les auteur.es étaient majeur.es ;
- 52 % déclarent être entré.es en contact avec un.e auteur.e en ligne ;
- 47 % évoquent un besoin matériel, notamment d’argent ou d’hébergement.
Autre constat particulièrement préoccupant : 81 % de ces jeunes déclarent également avoir subi d’autres violences sexuelles.
Ces résultats mettent en évidence l’imbrication des violences, de la précarité et des mécanismes d’exploitation, particulièrement chez les jeunes en situation de vulnérabilité.
Pornographie et cyberviolences : une exposition préoccupante
Le numérique occupe une place centrale dans les violences sexuelles subies par les jeunes.
88 % des 18-21 ans déclarent avoir déjà été exposé.es à la pornographie, avec un premier visionnage survenant en moyenne à 13 ans. Plus de la moitié des jeunes exposé.es déclarent avoir subi leur première exposition.
Par ailleurs, 46 % des 18-21 ans ont déjà reçu des contenus sexuels non souhaités, tandis que 17 % déclarent avoir subi une situation de sextorsion.
Les espaces numériques constituent ainsi des lieux majeurs d’exposition aux violences sexuelles, mais également de mise en contact dans des situations d’exploitation.
Prévenir, repérer et protéger : une urgence collective
L’enquête souligne également des disparités territoriales : dans les territoires ultramarins, les violences sexuelles surviennent plus précocement et sont moins souvent révélées. Parmi les jeunes concerné.es de 18 à 21 ans, seuls 54 % déclarent en avoir parlé, contre 71 % dans l’Hexagone.
Plus largement, la parole des victimes reste principalement adressée à leur entourage, ce qui interroge leur accès à une protection et à un accompagnement adaptés.
Pour l’Amicale du Nid, ces résultats rappellent la nécessité de renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et toutes les formes d’exploitation sexuelle, en portant une attention particulière aux mineur.es et aux jeunes en situation de vulnérabilité.
Ils soulignent l’importance de développer la prévention, de former les professionnel.les au repérage des violences et de garantir aux personnes concernées un accompagnement global, adapté à leurs besoins.
Face à l’ampleur des violences révélées par cette enquête, la protection des jeunes et la lutte contre leur exploitation doivent constituer une priorité collective.